P-Q-R

Partenariats.

Partenaire particulière cherche partenaires particuliers ! (Lalala). Lorsque je me suis mis en tête de jouer la vie – explorer la norme monogame et ses fascinantes alternatives – j’ai négligé le fait que ce monde était suffisamment tordu pour confondre ma quête de pureté avec … avec un je-ne-sais-quoi bien glauque. Pauvres moldus : décidément ils n’y comprendront jamais rien – insolence quand tu me tiens.

Si toi non plus tu ne vois pas bien en quoi avoir un grand Cœur peut être une forme de perversion, voici un petit comparatif.

J’ai vu dans les relations humaines l’opportunité de créer des liens de bienveillance, de curiosité, d’amitié ; toute une gamme de possibles ; partager des centres d’intérêts, en découvrir de nouveaux, explorer de jolies âmes, m’ouvrir à d’autres réalités, relever de jolis défis, admirer la manière dont les personnes décorent leur foyer, partager un bout de cette intimité, de manière authentique, toujours avec tendresse, pas forcément dans un jeu de séduction. Réinventer un monde plus beau, plus sain, plus solidaire.

Oui, la nana naïve par excellence qui refuse de voir que ce qui fait tourner le monde : le cul et l’hypocrisie. Jamais je n’ai eu pour objectif de consommer des corps, tromper mon compagnon, faire des orgies (je précise que faire l’amour à trois ou quatre ça peut être beau, pas moins romantique que le traditionnel plan-cul ; mais je dis ça, je dis rien) ; ou autre activité qui ne me nourrit ni philosophiquement – ni intellectuellement – ni humainement.

Aurais-je du poster une petite annonce pour trouver un partenaire de Tarot ; une copine de Plaid addict aux séries ; un ami pour philosopher les tristitudes de ce monde ? Parler de partenariats, de projets, d’amitié ; quitte à foutre en l’air la vie d’une personne qui aurait perdu le contrôle malgré elle (et aurait succombé à mon extraordinaire charme – hahaha – même s’il ou elle est en couple) ? … Taire mes idéaux et me la jouer « séductrice mystérieuse » sous le masque d’une célibataire assoiffée d’expériences ? Piéger, tromper, manipuler. Je préférerais toujours la difficulté : ça s’appelle la vérité.

Publicités
G-H-I

Infidèle.

De base, je suis plutôt du genre Serial Loveuse : monogame en série. Essayer, me planter, recommencer ! Ce procédé barbare ne m’a jamais fait vibrer : jamais cru aux promesses illusoires. Je me suis carré mon insolence là où je pense pendant une dizaine d’années, le temps – non pas de grandir, ni de mûrir – de comprendre qu’on s’était royalement fichu de ma pomme !

En 2011, j’ai eu la chance – et lui la malchance (meuh non) – de rencontrer un homme merveilleux qui a été capable de mettre un peu de lumière dans mes zones d’ombre. Il m’a aidée à transcender mes différences et mes angoisses ; il a si bien bossé que je me suis senti poussé des ailes. La puissance de son amour m’a tant élevée que j’ai eu envie de partager nos belles énergies !

On appelle ça un couple libre, paraît-il. Encore un concept obscure bourré de clichés. Va me falloir au moins 387 articles pour déconstruire tout ce bazar, m’enfin bref. J’ai cru que le monde en voudrait – de notre si bel amour, de nos ambitions, de nos idéaux. D’un monde avec un peu plus de solidarité et un peu moins d’individualisme. J’ai cru que mes valeurs inspireraient des réflexions, des vocations, des bisounours’isations ! Si j’ai pensé offrir au monde un cadeau inconditionnel, j’ai bien vite compris que ce même monde n’était pas prêt à une telle pureté !

Quelques brebis galeuses ont eu le courage de m’aimer. D’autres m’ont servi d’accélérateur afin de m’apprendre à m’aimer, me respecter, me laisser porter. Une merveilleuse petite Fée semble se faire une place dans ma vie depuis peu. Nous sommes les polyamoureux, les lutines, les anarchistes de l’amour ou encore les salopes éthiques. La plupart reste dans l’ombre, pour se protéger de l’hypocrisie qui règne encore en maître chez la plupart des moldus. C’est pas très grave. L’amour, rien que l’amour.

D-E-F

Emmerdeuse.

Mon enthousiasme fait souvent peur. Mes désespoirs aussi, d’ailleurs. Mes idéaux questionnent, remuent la merde et – c’est là que ça fait mal – se transforment en puissants miroirs. Qui ose se plonger dans mon regard fait face à ses propres démons : ces vérités dérangeantes qui font de moi une insolente. « Ça ne se fait pas, Audrey ». La vie c’est comme ça. Tu penses trop : « retourne bosser« et t’auras moins le temps de déprimer – entendre : inventer un monde meilleur.

Fichus moldus … Pas capables de voir en moi une once de baguette magique. Totale inaptitude à rêver, à s’élever et à cerner la subtilité de mes quêtes existentielles. Que je sois – il doit y avoir de ça – trop exigeante envers cette vie ; ou une emmerdeuse chronique – oui, aussi : plus jamais je ne confondrai la médiocrité dont ces z’autres se contentent avec la pureté que je sais exister et que je finirai par dénicher !

 

 

G-H-I

Insolence.

J’ai longtemps laissé les z’autres me faire croire que mes envies étaient bâties sur des paradoxes, des nons-sens, des impossibilités.

Selon la période, mon enthousiasme fut accueilli de différentes manières : « arrête tes caprices », « ne te ronge pas les ongles », « éternelle insatisfaite », « grandis un peu », « il faut », « fais un choix », « c’est compliqué » … et bien d’autres insolences. Toutes ces boîtes de Pandore qu’on m’a vivement déconseillé d’approcher : j’y ai plongé de toute mon âme une fois devenue l’adulte immature qu’il me plaît d’être.

Femme-enfant me dit-on parfois. Oui, ma curiosité a quelque chose de naïf et d’enfantin. Cette énergie qui me permet – quand ma tête n’est pas anesthésiée par la bêtise de ces ennuyeux adultes – d’explorer et étendre le champs des possibles. On continue pourtant à me faire remarquer que mes en’vies ne sont pas acceptables : pas normales ! Norme, norme, sors de ta cachette : je vais te faire la nique.

 

A-B-C

Confusion.

Dans cet énorme jeu de piste qu’est ma vie (et ce n’est pas évident de faire du ludique dans cette société) – parfois je m’embrouille. Entre ce que je ressens et ce qu’on pense que je ressens ; entre ce que je pense et ce que je suis censée penser (si je n’étais pas aussi sensée) ; entre ce que je voudrais et ce que la majorité des gens voudraient dans ma situation. 

Je pense avoir ENFIN compris que cette confusion ne m’appartenait pas. J’ai du l’absorber comme une éponge : la majorité des personnes qui se permettent de m’expliquer ce que devrait être ma vérité mélangent souvent ce qu’ils disent avec ce qu’ils désirent secrètement ; mixent ce qu’ils pensent vraiment et ce qu’ils sous-entendent ; refusent ce qu’ils et elles n’assument pas, jalousent, ou craignent ! Mode éponge : OFF. Mode hérisson : ON. Touche pas à ma vérité, elle est plus douce que tu ne le crois.

G-H-I

Hypocrisie.

Dans la vie je pars du principe que toute vérité (personnelle) est bonne à dire. C’est souvent compliqué – certes, mais j’estime que c’est la base de toute humanité. Il y a un autre souci chez moi – et certaines personnes y voient de la perversité : je m’autorise à dépasser mes propres limites ! Apprendre à devenir une plus belle version de moi-m’aime à chaque rencontre et émotion vécue. Pouvoir donner et accueillir les cadeaux de la vie ; sans limite ni contrainte autre que la bienveillance.

Ces z’autres – qui me disent infidèle – mettent des barrières, des tabous, des interdits, des scandales et des conditions à tout ce qu’ils font et tolèrent. C’est respectable : une louable intention.  Jusqu’au jour où ces personnes dites « fidèles » perdent totalement le contrôle d’une situation qui en devient ingérable : c’est la boulette, la merde, le drame, l’irréparable ! Un moindre grain de sable (humain) dans la machinerie – même si c’est un coup de cœur (ou de bite) destiné à mourir dans les trois semaines. Bilan destructeur, mais culturellement acceptable et à la mode : dans la norme.

Que l’on ne vienne pas me parler de perversion : là où je suis droite dans mes bottes et porteuse d’un amour inconditionnel, j’en vois toute une tripotée qui patauge dans une boue couleur hypocrisie. Oui, je dis ce que je fais, je fais ce que je dis et mon amour n’a pas de quota défini. Pardon de chambouler les conventions.

 

A-B-C

Chienne.

Mon cerveau fait des nœuds lorsque les mots de l’amour sonnent faux …

Pourquoi me dis-tu « Je t’aime » lorsque tu voudrais dire : rassure-moi, complète-moi, promets-moi, devine-moi. Pourquoi me demandes-tu si « Je t’aime » au lieu de dresser une liste d’exigences que je ne peux satisfaire. Pourquoi me hurles-tu « Je t’aime » alors que moi j’entends : je veux contrôler tes pensées, tes mots, tes fantasmes, tes actions, ton avenir et l’univers tout entier.

Laisse-moi t’aimer comme jamais personne ne t’a aimé.e : en toute liberté parce que la mienne rime avec responsabilité.