J-K-L

Limite.

Mes réflexions sont parfois « limite« . Limite dérangeantes, limite malsaines, limite destructrices. Tu exagères Audrey, était la phrase fétiche de mon père. Je ne comprenais pas à l’époque pourquoi tant d’insolence de sa part (le reproche était réciproque), mais je commence à me dire qu’il fut précocement lucide sur la chose.

Oui, j’aime dépasser les limites : plus souvent celles des autres que les miennes d’ailleurs. Beaucoup plus confortable de déranger les idées préconçues que de sortir de ma propre zone de confort !

La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Obscure expression qui ne cesse de m’échapper. Je traduirai à ma sauce – piquante – que là où les autres se sentent bien (miam-miam le mariage, les enfants, le crédit et la fidélité) : moi j’étouffe !! Et là où ces mêmes autres crèvent sournoisement d’angoisse, moi je m’amuse comme une gamine assoiffée de liberté et de connaissance.

 

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P-Q-R

Pulsion

Avez-vous déjà ressenti ce pic d’adrénaline et d’excitation pendant lequel vous êtes à deux doigts (deux lèvres?) de basculer, de faire un truc « moche » qui sera lourd de fâcheuses conséquences ? L’envie se fait soudainement irrépressible. Tout argument devient futile, et la bouillie qui nous sert de cerveau se ligue toute entière contre nous !

En cet instant, plus rien de logique ne compte : ni le passé, ni les engagements, ni l’avenir. Juste vous, l’instant présent, et cet autre – parfois inconnu, fantasmé ou à peine découvert – et vous vous sentez prêt(e) à faire « la connerie » !!

Une espèce d’on-s’en-fout général que vous êtes persuadé(e) de regretter une fois consommé (devrais-je dire consumé) mais qu’une force obscure – voir extrêmement lumineuse – vous invite cruellement à savourer ! Saisir l’opportunité qui ne se représentera probablement pas.

Moment fugace qui parfois se prolonge plusieurs heures – ô doux supplice : la pulsion d’infidélité, bref instant de lâcheté ou courage de laisser la vie entrer à nouveau en soi ?

Oups … !

 

P-Q-R

Quête.

Quelques années déjà que je repousse les limites de mes possibles. Combien de paradoxes encore à explorer, et de labyrinthes à sonder ?

L’heure est néanmoins aux chaleureux enseignements. Et si aucun de mes mots ne te prouvera qu’un idéal existe, chacun de mes maux – existentiels –  sera l’illustration d’une liberté bien réelle : chaque choix posé permet d’approcher une perfection qui nous est propre.

Pas à pas, ne pas me montrer trop pressée. J’hurle dans ma propre obscurité depuis toujours, et parfois ma voie semble trouver écho quelque part : dans un cœur écorché, de l’autre côté de l’écran, chez un ami qui se fait discret ou chez une amante.

Ma vérité dérange et pourtant elle inspire… Elle inspire ! L’aurais-tu imaginé ? Pas moi.

J’ai décidé d’oser rayonner : pour toi – pour moi – pour ce monde qui s’englue dans de futiles luttes de pouvoir et quête matérialistes, alors que le bonheur des uns (que j’appelle Solitude, parfois), s’il est assumé, fera forcément le bonheur de tous. Je ne peux me résoudre à tirer un trait sur cette complexité si fascinante, si effrayante : comment réchauffer les cœurs si moi-même je ne me consume pas de l’intérieur.

Il y a pourtant un lourd prix à payer ! Aller de l’avant c’est parfois renier mes vieilles croyances, piétiner mes idéaux (et m’en créer de nouveaux?) : aller dans une direction qui semble si sombre et pleine de fâcheuses conséquences. N’y a-t-il pas plus beau défi à relever : à portée de main, un trésor à saisir … mais oserai-je tendre le bras ?

A-B-C

Amour.

Que de carapaces accumulées et abandonnées, de forteresses intérieures farouchement défendues ! La danse des miroirs poursuit son oeuvre : à chacune de mes rencontres c’est une de mes divines failles qui se met en lumière. Quel bonheur de pouvoir apprivoiser mes peurs les plus féroces. Devenir chaque jour une plus belle version de moi-m’aime : y a-t-il plus beau métier ?

Amour, Amitié, Affection, Attirance, Attachement .. Toute une panoplie de sensations à accueillir (oseras-tu!), et un puzzle à construire pour autant que l’on accepte de jouer pleinement le jeu de la Vie. La planète « Aim’otion » me semble souvent si étrange, moi qui ai le cerveau câblé pour les algorithmes et trucs-de-geeks, plus faciles à comprendre (et bidouiller) que l’âme humaine !

Un an que je tourne en rond dans mes textes et dans ma tête. J’écris, je m’embrouille et je t’embrouille. Je tambourine à la porte de la Déesse des Amiours, et ne cesse de l’inciter à me révéler ses plus lumineux secrets. D’anecdotes en témoignages je te confie mes quêtes, et me torture la plume à tenter de démêler le vrai du moins-faux.

Pourquoi Diable me suis-je laissée porter dans cette inconfortable (le confort n’est-il pas chiant) exploration des relations humaines ! Parce que plus ma vérité s’assume, plus ma curiosité se libère. Plus mes désirs se libèrent et plus TOI aussi tu t’assumes. Ma quête de liberté et aussi la tienne, en avais-tu conscience : parce que rendre ma vie plus libre c’est aussi t’offrir l’autorisation de t’inspirer de mes douces folie ! Étrange planète T’ère qui nous incite à nous libérer de ces trop-lourdes-chaînes, celles que l’on se met souvent à soi-M’aime.

 

A-B-C

Chienne.

Mon cerveau fait des nœuds lorsque les mots de l’amour sonnent faux …

Pourquoi me dis-tu « Je t’aime » lorsque tu voudrais dire : rassure-moi, complète-moi, promets-moi, devine-moi. Pourquoi me demandes-tu si « Je t’aime » au lieu de dresser une liste d’exigences que je ne peux satisfaire. Pourquoi me hurles-tu « Je t’aime » alors que moi j’entends : je veux contrôler tes pensées, tes mots, tes fantasmes, tes actions, ton avenir et l’univers tout entier.

Laisse-moi t’aimer comme jamais personne ne t’a aimé.e : en toute liberté parce que la mienne rime avec responsabilité.

A-B-C

Conditions.

Mon âme ne badine pas avec l’amour. D’ailleurs elle ne comprend rien à ces nuances sémantiques purement humaines. Respect, amitié, bienveillance, désir, partage, relation, couple, saphisme, épistolisme (moi aussi j’ai le droit d’en inventer) – et autres exotismes. Tout ceci n’est qu’un jeu de l’esprit : la délectation par le verbe lorsque la vie est en suspens.

Mon âme dit qu’on ne conjugue pas sentiments et conditions. L’un nourrit le cœur et l’autre l’assèche. Le premier ouvre le champs de tous les possibles et le second emplit la tête de doutes. Inconditionnel : voilà un mot qui devrait remplacer tous les autres.

Je t’aime si… ; Je deviendrai ton amie à condition de… ; Je resterai ton ami sauf si tu… ; Tu-Tu-tu : chapeau pointu ; Je te jette parce que tu ne veux pas… Pourquoi ne pas juste accepter les quelques – beaux et rares – cadeaux de la vie, définir des valeurs qui prennent en compte ces surprises qu’il est vain de vouloir contrôler, et juste AIMER – bordel d’amour : les con-ditions, c’est pour les cons, ou les geeks !

P-Q-R

Relations.

Inaptitudes. Quels mécanismes mettre en place ? Quelles stratégies inventer ? Quels sentiments promettre, et quelle intensité viser ?

Aimer est une chose facile – quoi que ; viser l’inconditionnalité, j’ai appris. Polyamour, mon amour. Envisager la personne désirée, c’est facile – se laisser désirer c’est aisé. Et ensuite ? Comment faire lorsque le jeu de l’amour, fut-il amitié, n’est que codes et frustrations refoulées. Des règles qui me sont étrangères. Etranges, et moi j’ère.

Intellectuellement, je suis disponible à toute heure. Emotionnellement, je suis dans le chaos la moitié du temps. Relationnellement, je suis une incapable qui déborde d’idéaux. Amoureusement : je n’existe pas. Voilà bien une identité qui ne me sied d’aucune manière. A la façon d’un petit animal apeuré, tout au mieux.

J’ai tant à donner, et un si grand vite existentiel à combler. Qui m’explicitera son propre mode d’emploi, et s’occupera – aussi bien que Lui – de moi ? A quel prix encaisse-t-il mes bizarreries, et qui d’autre se sent l’âme d’une infirmière de mes lubies ?

Alchimiste-Fée : c’est ça. Alchimiste, c’est la quête d’une science comme le besoin d’une béquille à chaque seconde de ma vie. La fée, c’est mon âme meurtrie : qui a tant à offrir mais refuse de s’ancrer dans cette bien fade réalité.

Une âme torturée