A-B-C

Aider.

Je ne suis ni une professionnelle de la santé ni une psychologue certifiée. Tout au plus une informaticienne ratée et une enseignante désabusée. Aider mon prochain (ou ma prochaine) reste pourtant mon unique pilier : la seule raison valable si je choisis de continuer à exister. D’ailleurs, j’ai pas encore décidé !

Je suis un être humain qui a son lot de névroses et d’angoisses existentielles. A force d’essayer de les comprendre, j’ai développé une certain nombre de compétences et de connaissances. A force de trébucher sur mes idéaux, j’en suis arrivée à collectionner pas mal de cicatrices : elles me sont beaucoup plus utiles que mes diplômes en papier.

Et si je tendais la main – sans titre pompeux ni professionnalisme à la con – pour partager un bout de ma solitude avec d’autres paumés – ou parents de paumés ? (Et si c’était déjà le cas?) Et si j’offrais ma curiosité, ma réalité, ma capacité d’analyse, et un peu de mon temps – physique (le virtuel c’est has been) – à toutes celles et ceux qui n’ont plus la force de chercher : le bon psy, le bon diagnostic, la bonne étiquette, la bonne vibration qui adoucira la douleur psychique …

Et si accompagner d’autres cœurs fêlés – pour les aider à rayonner – était bien plus qu’un métier : une destinée ! Je me le suis promis : place à un nouveau monde, dans ma vie du moins . Que l’on abatte cet oiseau moqueur qui chante à tue-tête qu’il « faut bien payer les factures ». Cet imbécile n’a pas encore compris que la boucle était bouclée, et que son cadavre servira à payer les intérêts de son crédit-télé. Ce que j’entrevois : la solidarité et la simplicité, l’amitié et la gratuité – une nouvelle humanité, qui sait ?

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A-B-C

Bureaucratie.

Angoisse du soir, bonsoir. Angoisse de la nuit : agonie !! Je réfléchis encore à cette histoire de métier et d’argent : fichue humanité. Nous sommes finalement moins bien lotis que les animaux : libres, eux, pour la plupart. Laissez-moi brouter mes névroses en paix !

J’ai pourtant bien joué mon rôle de brave-petite glandouilleuse repentie il y a deux semaines. Et me voilà déjà convoquée pour aller découvrir les nouvelles aberrations bureaucratiques façon 2018. Pas de place pour les Chercheurs-en-bonheur dans ce monde. L’état vient sans cesse me chatouiller le sommeil : mon âme lui appartient et je ne lui échapperai point !

Il y a des choses qu’un formulaire informatique ne comprendra jamais, à commencer par mon incapacité chronique (et assumée) à supporter le brouhaha humain et l’absurdité de ses jeux sociaux. S’il y a pourtant une entité qui serait apte à comprendre mon aversion pour la race humaine, c’est bien une machine !! Froide et sans cœur, voilà le point commun entre le mode binaire (0 ou 1) d’un ordinateur et le cerveau d’un pion au service de notre joyeuse administration (esclave ou parasite, dans quelle case te rangera-t-on).

D-E-F

Employeur.

Y a-t-il plus beau métier que celui de travailler à être la plus belle version de soi-m’aime.

Le combat est à mener dans mon cœur tout autant que dans cette jungle qui m’entoure … Ah, la société, cette chienne qui rongera ma liberté pour peu que j’oublie de l’enterrer dans un recoin de mon jardin (si peu) secret.

Qui paiera mes factures en échanges de ma bienveillance, qui me rémunérera contre une tartine blogosphérique sans profit ni hypocrisie ? Qui investira sur la quête d’un monde meilleur, alors que ce qui fait tourner ce monde c’est la haine : de soi – n’écoute pas ton âme, mise tout sur un crédit – et des autres – jalouse-les, l’amour n’est pas rentable. Ne comptez plus sur moi pour jouer ce petit jeu-là !

Dieu que ce monde m’écœure ! Diable que ton pervers machiavélisme me semble plus admirable que leurs magouilles de pauvres petites créatures terrestres en mal de gloire et prêtes à se prostituer pour la planche à billets.

La liberté n’est peut-être qu’une illusion, et pourtant je préfère y mettre en jeu ma vie que de risquer la mort par ennui. Se shooter à la MDB, se lever chaque matin pour chouchouter des rentiers. Se battre contre du vent ou jouer les cerveaux lents : là où leur grisante vitesse les mènera au chaos, mon ivresse à moi, ce sont mes idéaux.

M-N-O

Narcotique.

[n.m] Mécanisme capitaliste qui consiste à reproduire l’effet chimique de substances appelées « stupéfiants » : stupéfaction, en effet, face au subtile esclavagisme des temps modernes. Le travail est l’opium du peuple, mais qui voudrait mourir drogué. | Exemple de narcotique : le MBD [métro boulot dodo] qui – conformément à la définition – assoupit, engourdit, endort toute envie de vivre pleinement. Note 1 Si vous avez absorbé ce genre de poison (malheureusement légal), veuillez contacter de toute urgence le service « Emancipation » au numéro national -666-. Note 2 Consulter aussi la définition de : boulot.

 

P-Q-R

Parolière.

Je sens un truc monter en moi : une lubie, une envie, un je-ne sais-quoi.

De textes en blogs, ma plume se délie. J’ai le sentiment d’avoir enfin trouvé des mots qui pétillent. D’états d’âme en boutades, peut-être que mes textes mériteraient un ravalement de façade : chanteuse, rappeuse, interprète – metteuse en scène ou nouvelle prophète.

Oui je sais, ma naïveté peut surprendre. T’inquiète, d’ici demain j’aurai de nouveau envie d’me pendre. Passer le mot ou me planquer ? Trembler, oser ou enfin m’assumer. Univers entends ma voix, parce qu’aller travailler ne sera jamais ma voie !

A-B-C

Capitalisme.

Mon délire c’est le site de rencontres « Sugar Daddy » …

Et ça tombe bien parce qu’hier je décrétais
Que toute ma vie, je serai entretenue ou assistée
Un scarabée sacré,
Un petit animal apeuré
Dans cette société déshumanisée

Marre d’essayer d’être une femme forte
De chercher l’indépendance à toutes les portes
Ecœurée du prix de la liberté
Mes illusions sont indignées

Je me suis émancipée
De mon employeur, de mes complexes,
De la fidélité, des esprits perplexes
Au  final j’me fais toujours rattraper
Par la bureaucratie et la planche à billets

Si le Monopoly-grandeur-nature excite les uns
Si l’argent pour les autres n’est qu’un moyen
Si on part du principe qu’une relation
C’est chacun pour soi et tous pour un

Que le monde n’est pas si moche
Qu’en chacun réside une âme polyamoureuse
Alors où est le problème
De maquer des vieux riches
Avec des bonnes meufs

Mélangeons les torchons
Et les serviettes hygiéniques
Cassons le moule, créons du lien
Le porc c’est le système
Pas ton voisin

Planète Capital version maboule
On dénonce l’œuf sans jamais blâmer la poule
Cette salope a les couilles prêtes à exploser
Les Bourses pleines de chiffres assoiffés
Ca éjacule de bêtise tous nos JT

Y a un truc dont l’actu ne parle pas
C’est l’amour, bordel d’amour
Ca ferait chier l’extrême-centre
Qu’on s’entraide, qu’on s’recentre

Si les meufs bonnes  s’aiment assez
Pour respecter leur corps
Si les hommes riches aiment leur bite assez
Pour partager leurs trésors

Si ce monde arrive enfin à se mettre d’accord
Qu’au final la seule chose qui compte
C’est bouffer, dormir, chier, s’aimer, d’accord

Sugar Daddy c’est pas le propos
Reconstruire nos rêves c’est mon propos
J’entrevois la fin d’un morbide individualisme
Le phénix de la solidarité sur fond d’optimisme

Mon Sugar Daddy c’est mon héro[s]
Il m’a sorti de mon open-space, de ma prison
C’était y’a 6 ans déjà
Cupidon ou cupide-paumée, qui le saura

Ramassée à la petite cuillère
Promise à une carrière en enfer
Il m’a fait une place dans son ombre
M’a rénové une jolie maison à mon nom

Il me consomme pas autant que promis
Couple ouvert à nos moments perdus
Sa p’tite Sugar Abby Baby
Il en est pourtant mordu.

Les polémiques de merde
Je les laisse aux féministes
Moi la salope éthique qui galère
Je préfère la voie des utopistes

C’était un billet un peu maladroit
Pardon, je fais des essais (Yo!)
Ma vision c’est simplement le droit
D’exister en dehors de ces fichues lois de Marché (Yeah!).

Un porc.