P-Q-R

Pulsion

Avez-vous déjà ressenti ce pic d’adrénaline et d’excitation pendant lequel vous êtes à deux doigts (deux lèvres?) de basculer, de faire un truc « moche » qui sera lourd de fâcheuses conséquences ? L’envie se fait soudainement irrépressible. Tout argument devient futile, et la bouillie qui nous sert de cerveau se ligue toute entière contre nous !

En cet instant, plus rien de logique ne compte : ni le passé, ni les engagements, ni l’avenir. Juste vous, l’instant présent, et cet autre – parfois inconnu, fantasmé ou à peine découvert – et vous vous sentez prêt(e) à faire « la connerie » !!

Une espèce d’on-s’en-fout général que vous êtes persuadé(e) de regretter une fois consommé (devrais-je dire consumé) mais qu’une force obscure – voir extrêmement lumineuse – vous invite cruellement à savourer ! Saisir l’opportunité qui ne se représentera probablement pas.

Moment fugace qui parfois se prolonge plusieurs heures – ô doux supplice : la pulsion d’infidélité, bref instant de lâcheté ou courage de laisser la vie entrer à nouveau en soi ?

Oups … !

 

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A-B-C

Bizarre.

La coiffeuse regrette mes cheveux
Le voisin trouve qu’avant j’étais mieux

Le boucher s’inquiète de mes carences
Et le curé prie pour ma délivrance

~ C’est pas leur faute si j’vais trop loin dans ma tête. C’est pas ma faute : j’aimerais qu’ma vie soit toujours en fête.

Mon père a quitté le navire
Mon mec aimerait enfin jouir

Ma daronne me reproche mes absences
Pendant qu’Mamie sourit de mes insolences

~ A qui la faute si ce monde est étrange. Pas ma faute si mon cerveau adore quand mes idées dérangent !

Les lesbiennes me trouvent indécise
Les mères de famille : égoïste

Les hétéros nient mes évidences
Et les monogames fuient mes espérances

~ C’est la faute à personne si notre société part en couille. C’est certainement pas ma faute si je supporte pas qu’on me bride les. Ovaires.

Ca fait rire quand j’pars dans mes délires
Ca fait peur quand j’exige le meilleur

Je ne crains pas pour mon âme
Elle me guide : même pas mal !

~ Qui va payer pour mes dommages collatéraux, qui va oser clasher mes idéaux. La faute à tous ces empaffés qui gâchent nos vies à coup de planche à billets.

Les libertins me reprochent ma liberté
Les infidèles gloussent face à mes vérités

Trop naïve pour satisfaire les hypocrites
Trop éthique pour manipuler leurs petits esprits

~ Pardonnez-moi mes offenses, c’est juste que je cherche un sens. C’est pas ma faute si le monde tourne à l’envers : je fais c’que je peux pour faire vibrer mon univers.

Trop badass pour Adopte
Trop respectable pour Badoo

Tu m’trouveras sur Okcupid
Ca limite les relouds stupides

~ C’est pas ma faute si j’suis trop douée pour me résigner; trop paumée pour abandonner. J’suis trop sensible – trop utopiste : viens on va réinventer le monde, j’ai quelques pistes. 

 

A-B-C

Amitié.

Je suis poly ; amoureuse si possible. Non pas – parce que j’ai envie de me disperser entre 3 amoureux, 5 amoureuses, 7 amants et 4 coquines par an. Je n’ai pas autant d’énergie ! Je suis Lutine. Non pas – parce que j’ai envie de consommer la première personne que je croise : ce n’est pas mon langage.  Je suis non-exclusive dans mes relations intimes. Pas uniquement parce que je suis Bi’pan’loveuse : un cœur qui ne fait aucune discrimination de genre, d’âge, de culture, de sensibilité.

Ma seule et unique clé : l’authenticité. La seule base qui mette d’accord mes innombrables paradoxes. Si je me sens une âme de petite Fée de l’amour, c’est peut-être parce que j’aime l’idée… d’aimer l’amour. Naïvement et simplement. Partir en quête de ce qui se cache derrière les illusions ; donner du sens à ce monde bien fade souvent.

La fraternité, la solidarité, la tribu : celle qui ne juge pas, n’attend pas, ne se frustre pas, ou ne se vexe pas au moindre défi à relever. Je crois que je rêve d’un autre type d’amour que celui qu’on m’a souvent proposé. J’ai toujours été très mauvaise en relations humaines et encore plus en relations amoureuses. Et pourtant cela fait déjà plusieurs années que je m’inflige ce défi plein de merveilleux obstacles. Et j’avance, en moi-même surtout. Je suis guidée par un profond besoin d’amitié : celle dont la pureté ne se distingue plus de celle d’un romantisme décadent.

A mes yeux, aussi embués soient-ils, il n’y a ni choix – ni limite – ni conditions. Dans mon monde, je n’ai plus peur de ne pas être à la hauteur. Dans mon monde à moi, je suis épanouie car complète du bonheur des z’autres : qui est aussi le mien. La seule forme de liberté en ce monde : l’émancipation absolue, guidée par la simple tolérance envers des besoins vitaux universels. Aimer et être aimé.e ; non pas baiser, consommer et zapper.

Je suis une espèce de Bisounours car c’est le seule concept que j’ai trouvé pour dire que j’ai en’vie d’être Amour en ce monde : avec ou sans pénétration, hétéro ou homo ou sans étiquette, avec tendresse surtout ; par la parole ou par écrit, en couple ou juste main dans la main, avec ou sans engagement si l’avenir fait trop peur … Je veux y croire : chacun, chacune est capable d’apprendre à explorer son univers intérieur ; devenir une meilleure version de soi-même à chaque rencontre et chaque émotion ressentie. Qu’elle soit douce ou remuante. La Joie : voilà bien l’objectif qui nécessite tant d’efforts.

Je ne prétends rien. Je ne promets rien : je me languis, c’est tout.