A-B-C

Bizarre.

La coiffeuse regrette mes cheveux
Le voisin trouve qu’avant j’étais mieux

Le boucher s’inquiète de mes carences
Et le curé prie pour ma délivrance

~ C’est pas leur faute si j’vais trop loin dans ma tête. C’est pas ma faute : j’aimerais qu’ma vie soit toujours en fête.

Mon père a quitté le navire
Mon mec aimerait enfin jouir

Ma daronne me reproche mes absences
Pendant qu’Mamie sourit de mes insolences

~ A qui la faute si ce monde est étrange. Pas ma faute si mon cerveau adore quand mes idées dérangent !

Les lesbiennes me trouvent indécise
Les mères de famille : égoïste

Les hétéros nient mes évidences
Et les monogames fuient mes espérances

~ C’est la faute à personne si notre société part en couille. C’est certainement pas ma faute si je supporte pas qu’on me bride les. Ovaires.

Ca fait rire quand j’pars dans mes délires
Ca fait peur quand j’exige le meilleur

Je ne crains pas pour mon âme
Elle me guide : même pas mal !

~ Qui va payer pour mes dommages collatéraux, qui va oser clasher mes idéaux. La faute à tous ces empaffés qui gâchent nos vies à coup de planche à billets.

Les libertins me reprochent ma liberté
Les infidèles gloussent face à mes vérités

Trop naïve pour satisfaire les hypocrites
Trop éthique pour manipuler leurs petits esprits

~ Pardonnez-moi mes offenses, c’est juste que je cherche un sens. C’est pas ma faute si le monde tourne à l’envers : je fais c’que je peux pour faire vibrer mon univers.

Trop badass pour Adopte
Trop respectable pour Badoo

Tu m’trouveras sur Okcupid
Ca limite les relouds stupides

~ C’est pas ma faute si j’suis trop douée pour me résigner; trop paumée pour abandonner. J’suis trop sensible – trop utopiste : viens on va réinventer le monde, j’ai quelques pistes. 

 

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P-Q-R

Partenariats.

Partenaire particulière cherche partenaires particuliers ! (Lalala). Lorsque je me suis mis en tête de jouer la vie – explorer la norme monogame et ses fascinantes alternatives – j’ai négligé le fait que ce monde était suffisamment tordu pour confondre ma quête de pureté avec … avec un je-ne-sais-quoi bien glauque. Pauvres moldus : décidément ils n’y comprendront jamais rien – insolence quand tu me tiens.

Si toi non plus tu ne vois pas bien en quoi avoir un grand Cœur peut être une forme de perversion, voici un petit comparatif.

J’ai vu dans les relations humaines l’opportunité de créer des liens de bienveillance, de curiosité, d’amitié ; toute une gamme de possibles ; partager des centres d’intérêts, en découvrir de nouveaux, explorer de jolies âmes, m’ouvrir à d’autres réalités, relever de jolis défis, admirer la manière dont les personnes décorent leur foyer, partager un bout de cette intimité, de manière authentique, toujours avec tendresse, pas forcément dans un jeu de séduction. Réinventer un monde plus beau, plus sain, plus solidaire.

Oui, la nana naïve par excellence qui refuse de voir que ce qui fait tourner le monde : le cul et l’hypocrisie. Jamais je n’ai eu pour objectif de consommer des corps, tromper mon compagnon, faire des orgies (je précise que faire l’amour à trois ou quatre ça peut être beau, pas moins romantique que le traditionnel plan-cul ; mais je dis ça, je dis rien) ; ou autre activité qui ne me nourrit ni philosophiquement – ni intellectuellement – ni humainement.

Aurais-je du poster une petite annonce pour trouver un partenaire de Tarot ; une copine de Plaid addict aux séries ; un ami pour philosopher les tristitudes de ce monde ? Parler de partenariats, de projets, d’amitié ; quitte à foutre en l’air la vie d’une personne qui aurait perdu le contrôle malgré elle (et aurait succombé à mon extraordinaire charme – hahaha – même s’il ou elle est en couple) ? … Taire mes idéaux et me la jouer « séductrice mystérieuse » sous le masque d’une célibataire assoiffée d’expériences ? Piéger, tromper, manipuler. Je préférerais toujours la difficulté : ça s’appelle la vérité.

G-H-I

Infidèle.

De base, je suis plutôt du genre Serial Loveuse : monogame en série. Essayer, me planter, recommencer ! Ce procédé barbare ne m’a jamais fait vibrer : jamais cru aux promesses illusoires. Je me suis carré mon insolence là où je pense pendant une dizaine d’années, le temps – non pas de grandir, ni de mûrir – de comprendre qu’on s’était royalement fichu de ma pomme !

En 2011, j’ai eu la chance – et lui la malchance (meuh non) – de rencontrer un homme merveilleux qui a été capable de mettre un peu de lumière dans mes zones d’ombre. Il m’a aidée à transcender mes différences et mes angoisses ; il a si bien bossé que je me suis senti poussé des ailes. La puissance de son amour m’a tant élevée que j’ai eu envie de partager nos belles énergies !

On appelle ça un couple libre, paraît-il. Encore un concept obscure bourré de clichés. Va me falloir au moins 387 articles pour déconstruire tout ce bazar, m’enfin bref. J’ai cru que le monde en voudrait – de notre si bel amour, de nos ambitions, de nos idéaux. D’un monde avec un peu plus de solidarité et un peu moins d’individualisme. J’ai cru que mes valeurs inspireraient des réflexions, des vocations, des bisounours’isations ! Si j’ai pensé offrir au monde un cadeau inconditionnel, j’ai bien vite compris que ce même monde n’était pas prêt à une telle pureté !

Quelques brebis galeuses ont eu le courage de m’aimer. D’autres m’ont servi d’accélérateur afin de m’apprendre à m’aimer, me respecter, me laisser porter. Une merveilleuse petite Fée semble se faire une place dans ma vie depuis peu. Nous sommes les polyamoureux, les lutines, les anarchistes de l’amour ou encore les salopes éthiques. La plupart reste dans l’ombre, pour se protéger de l’hypocrisie qui règne encore en maître chez la plupart des moldus. C’est pas très grave. L’amour, rien que l’amour.

A-B-C

Chienne.

Mon cerveau fait des nœuds lorsque les mots de l’amour sonnent faux …

Pourquoi me dis-tu « Je t’aime » lorsque tu voudrais dire : rassure-moi, complète-moi, promets-moi, devine-moi. Pourquoi me demandes-tu si « Je t’aime » au lieu de dresser une liste d’exigences que je ne peux satisfaire. Pourquoi me hurles-tu « Je t’aime » alors que moi j’entends : je veux contrôler tes pensées, tes mots, tes fantasmes, tes actions, ton avenir et l’univers tout entier.

Laisse-moi t’aimer comme jamais personne ne t’a aimé.e : en toute liberté parce que la mienne rime avec responsabilité.

A-B-C

Amitié.

Je suis poly ; amoureuse si possible. Non pas – parce que j’ai envie de me disperser entre 3 amoureux, 5 amoureuses, 7 amants et 4 coquines par an. Je n’ai pas autant d’énergie ! Je suis Lutine. Non pas – parce que j’ai envie de consommer la première personne que je croise : ce n’est pas mon langage.  Je suis non-exclusive dans mes relations intimes. Pas uniquement parce que je suis Bi’pan’loveuse : un cœur qui ne fait aucune discrimination de genre, d’âge, de culture, de sensibilité.

Ma seule et unique clé : l’authenticité. La seule base qui mette d’accord mes innombrables paradoxes. Si je me sens une âme de petite Fée de l’amour, c’est peut-être parce que j’aime l’idée… d’aimer l’amour. Naïvement et simplement. Partir en quête de ce qui se cache derrière les illusions ; donner du sens à ce monde bien fade souvent.

La fraternité, la solidarité, la tribu : celle qui ne juge pas, n’attend pas, ne se frustre pas, ou ne se vexe pas au moindre défi à relever. Je crois que je rêve d’un autre type d’amour que celui qu’on m’a souvent proposé. J’ai toujours été très mauvaise en relations humaines et encore plus en relations amoureuses. Et pourtant cela fait déjà plusieurs années que je m’inflige ce défi plein de merveilleux obstacles. Et j’avance, en moi-même surtout. Je suis guidée par un profond besoin d’amitié : celle dont la pureté ne se distingue plus de celle d’un romantisme décadent.

A mes yeux, aussi embués soient-ils, il n’y a ni choix – ni limite – ni conditions. Dans mon monde, je n’ai plus peur de ne pas être à la hauteur. Dans mon monde à moi, je suis épanouie car complète du bonheur des z’autres : qui est aussi le mien. La seule forme de liberté en ce monde : l’émancipation absolue, guidée par la simple tolérance envers des besoins vitaux universels. Aimer et être aimé.e ; non pas baiser, consommer et zapper.

Je suis une espèce de Bisounours car c’est le seule concept que j’ai trouvé pour dire que j’ai en’vie d’être Amour en ce monde : avec ou sans pénétration, hétéro ou homo ou sans étiquette, avec tendresse surtout ; par la parole ou par écrit, en couple ou juste main dans la main, avec ou sans engagement si l’avenir fait trop peur … Je veux y croire : chacun, chacune est capable d’apprendre à explorer son univers intérieur ; devenir une meilleure version de soi-même à chaque rencontre et chaque émotion ressentie. Qu’elle soit douce ou remuante. La Joie : voilà bien l’objectif qui nécessite tant d’efforts.

Je ne prétends rien. Je ne promets rien : je me languis, c’est tout.