G-H-I

Insolence.

J’ai longtemps laissé les z’autres me faire croire que mes envies étaient bâties sur des paradoxes, des nons-sens, des impossibilités.

Selon la période, mon enthousiasme fut accueilli de différentes manières : « arrête tes caprices », « ne te ronge pas les ongles », « éternelle insatisfaite », « grandis un peu », « il faut », « fais un choix », « c’est compliqué » … et bien d’autres insolences. Toutes ces boîtes de Pandore qu’on m’a vivement déconseillé d’approcher : j’y ai plongé de toute mon âme une fois devenue l’adulte immature qu’il me plaît d’être.

Femme-enfant me dit-on parfois. Oui, ma curiosité a quelque chose de naïf et d’enfantin. Cette énergie qui me permet – quand ma tête n’est pas anesthésiée par la bêtise de ces ennuyeux adultes – d’explorer et étendre le champs des possibles. On continue pourtant à me faire remarquer que mes en’vies ne sont pas acceptables : pas normales ! Norme, norme, sors de ta cachette : je vais te faire la nique.

 

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A-B-C

Arc-en-Ciel.

Dans mon monde à moi …

Mon cappuccino ne refroidirait jamais
Pareil pour l’infusion oubliée sur un coin de table

La notion de distance n’existerait pas
Au moindre désir l’univers ferait son œuvre

Ni voitures ni horaires ni rendez-vous
Juste une synchronicité défiant toutes les lois

Le chat dormirait à nos côtés tout le jour
Offrant un divin spectacle méditatif

L’amour ne porterait pas d’étiquette
Ni même la sensualité : on serait tous bipoly

L’horloge ne serait qu’objet de contemplation
Et chaque minute se ferait cocooning

Et si je te disais que ce monde existe
M’y rejoindrais-tu ?

A-B-C

Amitié.

Je suis poly ; amoureuse si possible. Non pas – parce que j’ai envie de me disperser entre 3 amoureux, 5 amoureuses, 7 amants et 4 coquines par an. Je n’ai pas autant d’énergie ! Je suis Lutine. Non pas – parce que j’ai envie de consommer la première personne que je croise : ce n’est pas mon langage.  Je suis non-exclusive dans mes relations intimes. Pas uniquement parce que je suis Bi’pan’loveuse : un cœur qui ne fait aucune discrimination de genre, d’âge, de culture, de sensibilité.

Ma seule et unique clé : l’authenticité. La seule base qui mette d’accord mes innombrables paradoxes. Si je me sens une âme de petite Fée de l’amour, c’est peut-être parce que j’aime l’idée… d’aimer l’amour. Naïvement et simplement. Partir en quête de ce qui se cache derrière les illusions ; donner du sens à ce monde bien fade souvent.

La fraternité, la solidarité, la tribu : celle qui ne juge pas, n’attend pas, ne se frustre pas, ou ne se vexe pas au moindre défi à relever. Je crois que je rêve d’un autre type d’amour que celui qu’on m’a souvent proposé. J’ai toujours été très mauvaise en relations humaines et encore plus en relations amoureuses. Et pourtant cela fait déjà plusieurs années que je m’inflige ce défi plein de merveilleux obstacles. Et j’avance, en moi-même surtout. Je suis guidée par un profond besoin d’amitié : celle dont la pureté ne se distingue plus de celle d’un romantisme décadent.

A mes yeux, aussi embués soient-ils, il n’y a ni choix – ni limite – ni conditions. Dans mon monde, je n’ai plus peur de ne pas être à la hauteur. Dans mon monde à moi, je suis épanouie car complète du bonheur des z’autres : qui est aussi le mien. La seule forme de liberté en ce monde : l’émancipation absolue, guidée par la simple tolérance envers des besoins vitaux universels. Aimer et être aimé.e ; non pas baiser, consommer et zapper.

Je suis une espèce de Bisounours car c’est le seule concept que j’ai trouvé pour dire que j’ai en’vie d’être Amour en ce monde : avec ou sans pénétration, hétéro ou homo ou sans étiquette, avec tendresse surtout ; par la parole ou par écrit, en couple ou juste main dans la main, avec ou sans engagement si l’avenir fait trop peur … Je veux y croire : chacun, chacune est capable d’apprendre à explorer son univers intérieur ; devenir une meilleure version de soi-même à chaque rencontre et chaque émotion ressentie. Qu’elle soit douce ou remuante. La Joie : voilà bien l’objectif qui nécessite tant d’efforts.

Je ne prétends rien. Je ne promets rien : je me languis, c’est tout.